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LES TECHNIQUES DE L'ÉMAIL

 

 Un émail, des émaux…

  L’émail : un terme générique pour différentes techniques

L’émail est un terme générique définissant plusieurs techniques dont la particularité est de faire appel au feu pour fixer une matière vitreuse sur un support métallique.

  L’émail : des objets

Par extension, on désigne tout objet réalisé en utilisant l’une de ces techniques.

  L’émail : une matière première

L’émail est aussi la matière première : la matière vitreuse elle-même.

Dans son état brut, l’émail est une matière vitreuse proche du cristal à base de silice, combinée dans des proportions variables à des composants alcalins (soude ou potasse) destinés à faire baisser le point de fusion, et dans une moindre mesure, plombifères pour rendre la matière plus ductile.

Par une fusion à haute température de ces composants, on obtient après broyage une poudre incolore appelée « fondant ».

Le fondant est coloré par addition d’oxydes métalliques : de manganèse pour le jaune ; de cuivre pour le bleu jusqu’au vert et même le rouge ; de cobalt pour le bleu, le gris ou le mauve...

  L’art de l’émailleur

L’art de l’émailleur consiste à fixer la poudre d’émail sur un support de métal (l’or, l’argent, le bronze, le cuivre, le laiton ou l’acier) par de courtes cuissons successives, de l’ordre de 800 degrés.

Ces cuissons successives sont imposées par le fait que toutes les couleurs ne cuisent pas aux mêmes températures. Il est donc impératif de commencer par les couleurs nécessitant les températures les plus élevées et de terminer par celles exigeant les plus basses.

Le travail de l’émail est connu depuis l’Antiquité mais selon les époques et les lieux, les artistes n’ont pas toujours utilisé la même technique d’émaillage.

 

 Les différentes techniques d’émaillage

 

  L’émail champlevé (de : « lever le champ »)

L’artiste creuse des cavités dans l’épaisseur du métal selon le dessin prévu, à l’aide de burins et d’échoppes. L’émail en poudre humide y est déposé puis subit les cuissons lui permettant de se fixer au métal. La couleur est ainsi cernée par le métal que l’outil a épargnées, d’où le nom de « taille d’épargne » qui s’applique également à cette technique. Des ponçages successifs de plus en plus fins éliminent alors l’émail excédentaire et redonnent à la pièce le poli nécessaire. Une dorure donne à la pièce son aspect définitif et la rend inaltérable. Le champlevé est la technique des émaux limousins du Moyen Age.

  L’émail cloisonné

Connue dès l’Antiquité, cette technique consiste à fixer par soudure de fines cloisons d’or, d’argent ou de cuivre sur le support de métal, créant ainsi un réseau d’alvéoles qui maintiennent l’émail de façon précise à la place souhaitée. L’émaillage et la finition sont de même nature que pour la technique du champlevé.

  L’émail peint

La plaque est recouverte de fondant sur ses deux faces et subit une première cuisson : l’envers est ainsi protégé des attaques du temps et l’endroit préparé à recevoir le décor. Ce dernier s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposé à la spatule, qu’un nombre identique de cuissons permet de fixer. Des couleurs vitrifiables, broyées suffisamment fines pour être maniées au pinceau, permettent de rehausser certains détails. De même, la pose de minces feuilles d’or ou d’argent, appelées « paillons », noyées dans l’émail, confère à la couleur un éclat particulier. La technique de l’émail peint apparaît à Limoges à la fin du 15e siècle.

  La grisaille

Dérivée de l’émail peint, elle consiste à superposer un émail blanc sur un fond noir. Par grattage, à l’aide d’outils extrêmement fins, l’artiste obtient une gamme très étendue de gris, qui convient admirablement à l’art du portrait. Elle fit la renommée de Limoges à la Renaissance.

  L’émail de basse-taille

La plaque de métal est ouvragée par gravure, martelage, ciselage ou tout autre procédé similaire. Des émaux translucides sont cuits sur le support ainsi préparé et permettent de mystérieux et chatoyants jeux de transparence.

  Émaux de plique

La plaque est percée de part en part à l’endroit des surfaces colorées. L’émail est logé dans ces ouvertures et demeure, après cuisson, apparent sur l’endroit et l’envers de la plaque. L’effet est comparable à celui du vitrail mais sur des formats beaucoup plus réduits cependant.

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